Prix Scientifique 2017 de la SFIS

Travaux concourant au Prix Scientifique 2017 de la SFIS:

  • Virginie Ladroue, Laurence Dujourdy, Fabrice Besacier and Patrick Jame: « IRMS to study a common cocaine cutting agent: phenacetin », Drug Testing and Analysis, 2017,

    DOI 10.1002/dta.2137 (Paru en ligne en novembre 2016)

    http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/dta.2137/full

Cet article présente une utilisation originale des isotopes stables dans le domaine de la police scientifique. C’est une application qui avait été initiée en France dans les années 1990 en particulier avec les travaux de Fabrice Besacier, puis qui a eu du mal à percer et qui commence maintenant à être utilisée dans la plupart des laboratoires de forensic sciences dans le monde.

L’approche originale de cet article est d’abord d’avoir utilisé l’approche multi-isotopique 13C, 15N et D/H. Ensuite la qualité de cet article est d’avoir essayé d’appliquer les résultats à des cas concrets d’authentifications de filières de trafic de drogues. Enfin l’autre qualité de cet article est d’avoir présenté les conclusions de manière scientifique sans cacher les incertitudes et sans vouloir faire dire aux données plus que ce qu’elles pouvaient dire.

 

  • Martin Elsner and Gwenael Imfeld: « Compound-specific isotope analysis (CSIA) of micropollutants in the environment — current developments and future challenges », Current Opinion en Biotechnology, 2016, 41, 60-72.

    http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0958166916301227

    Il s’agit d’un article de synthèse sur les applications des techniques GC-IRMS dans le domaine de l’environnement et en particulier dans les sols et les eaux de surface. Depuis son installation au Lyghes, Gwenael Imfeld développe des approches originales pour l’utilisation des techniques GC-IRMS dans le domaine de la pollution des sols en relation avec les autres chercheurs du Lhyges dont c’est la spécialité. Ces applications sont appelées à se développer dans le futur et cet article synthétique aussi bien sur ce qui se fait que sur ce qui pourrait/devrait se faire devrait devenir une véritable référence dans ce domaine.

 
  • Cyril Abadie, Francois Lacan, Amandine Radic, Catherine Pradoux, and Franck Poitrasson: « Iron isotopes reveal distinct dissolved iron sources and pathways in the intermediate versus deep Southern Ocean », PNAS 2017 114 (5) 858863 (paru en ligne en décembre 2016)

http://www.pnas.org/content/114/5/858.abstract?sid=f6731b51-b58b-4e38-b59f-b3e0df353f20

Le fer est un élément nutritif indispensable à la production primaire océanique, biolimitant dans près de la moitié des océans du globe (dont l’Océan Austral), ce qui évidemment influe sur le puit de carbone océanique et par la même sur les évolutions climatiques actuelles.

Cyril Abadie et les chercheurs du LEGOS et du GET de Toulouse (Observatoire Midi-Pyrénées) se sont donc intéressés à l’évolution des concentrations en fer soluble (donc potentiellement biodisponible) et à celle de la composition isotopique du fer dans l’Océan Austral, afin d’identifier les principaux mécanismes gouvernant la distribution de cet élément. Leurs résultats ont montré que, contrairement à ce qui était jusqu’à présent admis, ce n’est pas la reminéralisation accompagnant la sédimentation de la matière organique des eaux de surface qui était le principal pourvoyeur de fer soluble à la colonne océanique, mais plutôt la remobilisation du fer présent au sein des particules lithogéniques.

Cela signifie que la production primaire océanique et donc la pompe biologique du CO2 atmosphérique sont sans doute beaucoup plus sensibles aux phénomènes d’érosion continentale, au devenir des particules issues de ces phénomènes et aux processus d’upwelling, tels que ceux que l’on rencontre dans l’Océan Austral, que ce que l’on imaginait jusqu’à présent. Au-delà du fer, il est probable que d’autres éléments nutritifs soient concernés par ces mécanismes, ce qui justifierait que l’on s’intéresse, à l’avenir, beaucoup plus aux processus de dissolution de ces particules continentales que l’on a pu le faire jusqu’à présent, afin d’améliorer notre connaissance du rôle des océans sur le climat.

 

A propos Pascal

Je suis né à Avesnes sur Helpe (France) en 1959. J'ai obtenu le grade de docteur en Spectrochimie à l’Université des Sciences et Technologies de Lille en 1985, sous la codirection des Professeurs Michel Wartel et Yves Auger. Ma thèse portait sur les apports atmosphériques de métaux-lourds au milieu marin. Je fus ensuite successivement Chef de Projet à la Compagnie Européenne d’Accumulateurs (Groupe Alcatel) de 1986 à 1991, puis Ingénieur au Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) de 1991 à 1993, avant de rejoindre l’Université du Littoral – Côte d’Opale, en tant que Maître de Conférences, successivement au sein de l’UMR CNRS « ELICO » (Ecosystèmes Littoraux et Côtiers), puis au LPCA depuis 2008. Titulaire de l’Habilitation à Diriger des Recherches depuis 2004, je travaille dorénavant au sein du Groupe "Aérosols Atmosphériques" où, en compagnie de Karine Deboudt, je m’intéresse à la dynamique physico-chimique des aérosols de pollution. Mes plus récents travaux concernent notamment le fer atmosphérique.
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